La gestion comptable des stocks de marchandises constitue un enjeu majeur pour les entreprises commerciales, impactant directement leur résultat et leur situation financière. Cette problématique revêt une importance particulière dans un contexte économique où l’optimisation des flux financiers et la précision des états comptables déterminent la compétitivité des organisations. Les écritures comptables liées aux stocks nécessitent une maîtrise approfondie des méthodes d’évaluation, des procédures d’inventaire et des normes réglementaires en vigueur. La complexité de ces opérations s’accroît avec la diversité des méthodes de valorisation disponibles et les exigences croissantes en matière de contrôle interne. Une approche rigoureuse de la comptabilisation des stocks permet non seulement de respecter les obligations légales, mais aussi d’optimiser la gestion des ressources et d’améliorer la prise de décision stratégique.

Méthodes d’évaluation des stocks selon le plan comptable général français

Le Plan Comptable Général français propose plusieurs méthodes pour l’évaluation des stocks de marchandises, chacune répondant à des contraintes opérationnelles spécifiques. Ces méthodes déterminent la valorisation des sorties de stock et influencent directement le calcul du coût des marchandises vendues, impactant ainsi le résultat de l’entreprise. La sélection d’une méthode appropriée dépend de la nature de l’activité, du système d’information disponible et des objectifs de gestion de l’organisation.

La réglementation comptable française exige que la méthode choisie soit appliquée de manière permanente et cohérente d’un exercice à l’autre, sauf justification exceptionnelle. Cette permanence des méthodes garantit la comparabilité des états financiers dans le temps et renforce la fiabilité de l’information comptable. Les entreprises doivent documenter leur choix méthodologique et s’assurer que leur système d’information permet un suivi précis des mouvements de stock selon la méthode retenue.

Application de la méthode FIFO (first in, first out) pour l’inventaire permanent

La méthode FIFO, ou « premier entré, premier sorti », constitue l’une des approches les plus intuitives pour la valorisation des stocks. Cette méthode présume que les marchandises les plus anciennes sont vendues en premier, reflétant souvent la réalité physique des écoulements de stock. Dans un contexte d’inventaire permanent, chaque sortie de stock est valorisée au coût d’acquisition des lots les plus anciens disponibles.

L’application de la méthode FIFO nécessite un suivi détaillé des lots d’entrée avec leurs dates et coûts respectifs. Les systèmes informatiques modernes facilitent grandement cette gestion en automatisant les calculs de valorisation. Cette méthode présente l’avantage de fournir une valorisation du stock final proche des coûts récents d’acquisition, particulièrement pertinente en période d’inflation.

Calcul du coût moyen pondéré unitaire après chaque entrée

Le coût moyen pondéré unitaire après chaque entrée (CMPUAE) représente une méthode sophistiquée de valorisation qui recalcule le coût unitaire du stock après chaque nouvelle acquisition. Cette approche garantit une homogénéisation continue des coûts et évite les variations brutales de valorisation liées aux fluctuations des prix d’achat.

Le calcul s’effectue selon la formule : (Valeur stock existant + Valeur nouvelle entrée) / (Quantité stock existant + Quant

ité stock existant + Quantité nouvelle entrée). Chaque mouvement d’entrée génère ainsi un nouveau coût moyen qui servira de base à la valorisation des sorties de marchandises ultérieures.

Concrètement, après chaque achat, vous mettez à jour le coût moyen pondéré unitaire du stock en combinant la valeur des marchandises déjà en stock et la valeur du nouvel arrivage. Lors de chaque vente, la sortie de stock est alors valorisée à ce coût moyen actualisé. Cette méthode d’inventaire permanent est particulièrement adaptée aux entreprises disposant de volumes importants de marchandises et souhaitant lisser les effets des variations de prix d’achat. Elle nécessite cependant un système d’information fiable, capable de recalculer automatiquement le CMP après chaque entrée.

Mise en œuvre du coût moyen pondéré de fin de période

À la différence du coût moyen pondéré unitaire après chaque entrée, le coût moyen pondéré de fin de période (CMPFP) ne se calcule qu’à la clôture de la période (mois, trimestre ou exercice). Toutes les entrées de marchandises sont d’abord comptabilisées à leur coût d’achat dans le compte 607, sans ajustement du coût unitaire en temps réel. À la fin de la période, on valorise le stock final en divisant la valeur totale des marchandises disponibles par la quantité totale correspondante.

La formule est la suivante : (Valeur du stock initial + Valeur totale des achats de la période) / (Quantité stock initial + Quantité achetée). Le résultat permet de déterminer un coût moyen unitaire applicable à l’ensemble des sorties de marchandises de la période. Cette méthode, plus simple à mettre en œuvre que le CMPUAE, convient bien lorsque le suivi détaillé des flux de stock n’est pas nécessaire au quotidien, tout en restant conforme au Plan Comptable Général français.

Sur le plan pratique, le CMPFP est souvent utilisé en combinaison avec la méthode de l’inventaire intermittent. Les écritures d’inventaire de fin d’exercice viennent alors corriger les achats de marchandises comptabilisés en charges pour ne retenir que le coût des marchandises effectivement vendues. Vous obtenez ainsi un coût des ventes cohérent et un stock final valorisé de manière homogène, sans devoir suivre chaque lot individuellement.

Traitement comptable des stocks selon la méthode du coût de revient standard

La méthode du coût de revient standard repose sur la définition préalable d’un coût unitaire « théorique » ou « budgété » pour les marchandises. Dans la pratique, elle est surtout utilisée pour les produits fabriqués, mais certaines entreprises commerciales l’emploient également pour des marchandises à forte récurrence et à faible volatilité des prix. Le stock et les sorties de marchandises sont alors valorisés à ce coût standard, défini en début de période sur la base d’hypothèses de prix d’achat, de frais accessoires et de conditions d’approvisionnement.

Lorsque les coûts réels d’achat diffèrent du coût standard, des écarts sur coût de revient apparaissent. Ces écarts sont enregistrés dans des comptes spécifiques, permettant d’analyser finement les dérives de prix, les conditions d’achats ou encore les variations de change. Sur le plan comptable, le stock de marchandises figure toujours à l’actif pour sa valeur standard, complétée, le cas échéant, par des provisions pour dépréciation si la valeur nette de réalisation devient inférieure.

Cette méthode présente un avantage majeur pour le pilotage de la performance : elle facilite la comparaison entre les coûts réellement supportés et les coûts prévus. En revanche, elle suppose une discipline forte dans la mise à jour des coûts standards et une capacité d’analyse des écarts. Pour une entreprise de négoce, on l’utilisera de préférence sur des gammes de marchandises bien standardisées, avec des prix relativement stables et des volumes significatifs.

Écritures comptables d’acquisition et de sortie des marchandises

La réussite de l’écriture comptable du stock de marchandises repose également sur une bonne maîtrise des mouvements courants : achats, frais accessoires, remises commerciales, sorties de stock et variations de change. Le Plan Comptable Général prévoit un enchaînement logique d’écritures qui permet de lier le compte de charges 607, les comptes de stocks de la classe 3 et les comptes de variation de stock 6037. L’objectif est double : présenter au compte de résultat un coût des marchandises vendues fidèle à la réalité, et afficher au bilan un stock exactement valorisé à la date de clôture.

Dans la majorité des TPE et PME, les acquisitions de marchandises sont d’abord enregistrées en charges au compte 607, puis corrigées en fin d’exercice par les écritures de variation de stock. Les entreprises disposant d’un inventaire permanent peuvent, quant à elles, choisir de mouvementer plus fréquemment le compte 37 « Stocks de marchandises » afin de suivre en temps réel la valeur des marchandises en magasin. Dans les deux cas, la cohérence entre les écritures d’achats, de stock et de ventes demeure essentielle.

Comptabilisation des achats de marchandises dans le compte 607

En régime courant, chaque facture fournisseur de marchandises est enregistrée au débit du compte 607 « Achats de marchandises » et au crédit du compte 401 « Fournisseurs », la TVA déductible figurant au débit du compte 44566. Cette comptabilisation en charges immédiates répond à une logique de simplification : on traite l’ensemble des marchandises comme si elles étaient consommées dès l’achat. Ce n’est qu’en fin d’exercice que l’on rétablira le bon coût de revient des marchandises vendues via les variations de stock.

Pour illustrer, imaginons une entreprise qui achète pour 50 000 € HT de marchandises. L’écriture sera la suivante : débit 607 pour 50 000 €, débit 44566 pour 10 000 € de TVA à 20 %, crédit 401 pour 60 000 €. Tant que l’inventaire n’est pas réalisé, le compte 607 enregistre l’intégralité des achats, sans distinction entre marchandises vendues et marchandises encore en stock. C’est précisément ce que les écritures de stock viendront corriger en fin d’exercice.

Dans un système d’inventaire permanent, les entreprises peuvent compléter cette écriture d’achat par un second enregistrement : débit du compte 37 « Stocks de marchandises » et crédit du compte 6037 « Variation des stocks de marchandises ». Cette double écriture permet de faire apparaître immédiatement l’augmentation de stock au bilan, tout en ajustant les charges de l’exercice. Le choix entre inventaire intermittent et permanent dépendra de votre niveau d’exigence en matière de suivi du stock et des fonctionnalités de votre logiciel comptable.

Enregistrement des frais accessoires d’achat selon l’article 321-10 du PCG

L’article 321-10 du Plan Comptable Général précise que le coût d’acquisition des stocks inclut, outre le prix d’achat, « les frais directement attribuables à l’acquisition des stocks ». Il s’agit notamment des frais de transport, de manutention, d’assurance, de douane ou encore des commissions d’achat. Le traitement comptable de ces frais accessoires d’achat est un enjeu important, car il conditionne la valorisation du stock et, par conséquent, le coût des marchandises vendues.

Concrètement, deux approches sont possibles. La première consiste à comptabiliser les frais accessoires dans des comptes de charges distincts (compte 6241 « Transports sur achats », par exemple) et à les laisser en charges de l’exercice. La seconde, plus conforme à l’esprit du PCG lorsqu’ils sont significatifs, revient à les incorporer au coût d’acquisition du stock. Dans ce cas, vous pouvez ventiler les frais de transport sur les lots de marchandises concernés afin de majorer leur coût unitaire.

Dans un contexte d’optimisation de la marge, il est souvent pertinent d’intégrer au moins les frais de transport et de douane dans le coût de revient des marchandises. Cela permet de comparer plus finement les prix de vente aux coûts réels et de détecter les références peu rentables. La clé, ici, est la cohérence : une fois une méthode retenue pour le traitement des frais accessoires d’achat, elle doit être appliquée de façon constante d’un exercice à l’autre et clairement documentée dans l’annexe comptable.

Passation des écritures de sortie de stock par débit du compte 607

Lorsqu’une marchandise est vendue, deux écritures distinctes coexistent : l’enregistrement de la vente (en produits) et la constatation de la sortie de stock (en charges). La vente est comptabilisée au crédit du compte 707 « Ventes de marchandises » et au débit du compte 411 « Clients », avec la TVA collectée au crédit du compte 44571. La sortie de stock, elle, reflète le coût d’acquisition ou le coût moyen de la marchandise vendue et vient alimenter le compte 607.

Dans un système d’inventaire permanent, la sortie de stock se traduit par le débit du compte 6037 « Variation des stocks de marchandises » et le crédit du compte 37 « Stocks de marchandises » pour la valeur de la marchandise cédée. En parallèle, le compte 607 enregistre l’achat des marchandises. Au final, la combinaison de 607 et 6037 permet de faire apparaître, dans les charges d’exploitation, le véritable coût des marchandises vendues au cours de l’exercice.

Dans un système d’inventaire intermittent, les sorties de marchandises ne sont pas comptabilisées au fil de l’eau dans les comptes de stock. On se contente d’enregistrer les ventes et les achats, puis l’on corrige en fin d’exercice par les écritures de stock : annulation du stock initial, constatation du stock final. La différence entre les achats (607) et la variation de stock (6037) donne alors le coût des marchandises vendues. On peut voir cela comme un « ajustement global » plutôt que comme un suivi détaillé des sorties.

Gestion comptable des remises, rabais et ristournes obtenues

Les remises, rabais et ristournes obtenus sur achats de marchandises (RRR) influencent directement le coût d’acquisition et, par ricochet, l’écriture comptable du stock de marchandises. Selon le PCG, ces réductions de prix peuvent être enregistrées soit en diminution du compte 607, soit dans un compte spécifique de produits 6097 « Rabais, remises et ristournes obtenus sur achats de marchandises ». Le choix dépend souvent de la granularité d’analyse souhaitée sur les marges.

En pratique, lorsque la réduction de prix figure sur la facture d’achat initiale, on l’enregistre généralement en net dans le compte 607, c’est-à-dire que l’on ne comptabilise que le montant après remise. Lorsque le fournisseur accorde une ristourne de fin d’année ou une remise sur facture ultérieure, on privilégiera le compte 6097 afin de suivre séparément ces avantages commerciaux. Dans tous les cas, le stock final de marchandises doit être valorisé sur la base du coût d’achat réellement supporté, remises déduites.

Vous vous demandez peut-être : est-ce que ces remises doivent être imputées au pro rata sur le stock et sur les marchandises déjà vendues ? En théorie, oui, si l’enjeu est significatif. En pratique, pour les PME, on considère souvent que les RRR obtenus sur la période viennent globalement minorer le coût d’achat moyen, sans retraitement détaillé sur le stock final. L’important est de rester cohérent dans le temps et de pouvoir expliquer la méthode retenue en cas de contrôle ou d’audit.

Traitement des écarts de change sur créances et dettes commerciales

Lorsque les marchandises sont achetées ou vendues en devises, la question des écarts de change se pose à la fois sur les créances clients et sur les dettes fournisseurs. Le principe général est le suivant : la facture est enregistrée au taux de change en vigueur à la date de l’opération, puis réévaluée à chaque clôture sur la base du dernier cours connu. Les écarts de change latents sont comptabilisés dans les comptes 476 « Différences de conversion – Actif » ou 477 « Différences de conversion – Passif ».

Sur le plan du stock de marchandises, la valorisation initiale au bilan se fait au taux de change applicable à la date d’entrée des marchandises. Par la suite, la valeur du stock n’est pas réévaluée en fonction des variations de change : ce sont les créances et dettes associées qui supportent les écarts. Lorsque la dette fournisseur est réglée ou que la créance client est encaissée, l’écart de change réalisé est constaté en résultat (comptes 666 « Pertes de change » ou 766 « Gains de change »).

Il est donc important de distinguer clairement la valorisation du stock, figée à son coût d’acquisition historique, et le traitement des créances et dettes en devises, qui reflète les fluctuations monétaires. Une confusion entre les deux pourrait fausser votre coût des marchandises vendues et brouiller l’analyse de la performance commerciale. Là encore, un bon logiciel comptable, paramétré pour gérer automatiquement les différences de conversion, constitue un atout précieux.

Réalisation de l’inventaire physique et ajustements comptables

L’inventaire physique constitue le point de départ de toute écriture comptable de stock de marchandises fiable. Il s’agit de compter, article par article, les quantités réellement présentes en magasin, en entrepôt ou en transit, puis de les comparer aux quantités théoriques issues du système d’information. Cet exercice, souvent réalisé une fois par an au minimum, permet de détecter les écarts de stock liés aux pertes, vols, casses, erreurs de saisie ou de préparation de commandes.

Sur le plan comptable, l’inventaire physique débouche sur deux types d’ajustements. D’une part, les écritures de variation de stock, qui mettent en cohérence les achats de marchandises (607) avec la valeur du stock final (compte 37) via le compte 6037. D’autre part, les éventuelles écritures de dépréciation, si certains lots présentent une valeur nette de réalisation inférieure à leur coût d’entrée, par exemple en raison d’une obsolescence ou d’une baisse durable des prix de vente.

Comment procéder concrètement ? Après avoir chiffré le stock final à la date de clôture (quantités x coût unitaire retenu : FIFO, CMP, etc.), vous passez d’abord l’écriture d’annulation du stock initial (débit 6037, crédit 37), puis l’écriture de constatation du nouveau stock (débit 37, crédit 6037). La différence entre ces deux mouvements détermine la variation de stock, qui viendra majorer ou minorer le coût des marchandises vendues dans le compte de résultat. Un inventaire bien préparé, avec des procédures écrites et des contrôles croisés, limite les risques d’erreur et renforce la crédibilité de vos comptes.

Provisions pour dépréciation des stocks de marchandises

Le PCG impose d’évaluer les stocks à la plus faible des deux valeurs entre le coût historique et la valeur nette de réalisation. Lorsque certains lots de marchandises ne pourront pas être vendus au prix normalement attendu, l’entreprise doit constater une provision pour dépréciation. Cette écriture permet d’anticiper la perte économique future et de présenter un bilan plus fidèle à la réalité. Elle concerne en particulier les marchandises obsolètes, détériorées, invendues ou dont le prix de marché a fortement diminué.

Les provisions pour dépréciation des stocks sont enregistrées dans les comptes de la sous-classe 39, en contrepartie de comptes de charges 68173 « Dotations pour dépréciation des stocks ». Elles sont ensuite réajustées à chaque clôture, en fonction de l’évolution du marché et des décisions de l’entreprise (écoulement en soldes, destruction, retour fournisseur, etc.). Ce mécanisme permet de lisser l’impact des pertes de valeur sur plusieurs exercices, tout en respectant le principe de prudence.

Identification des stocks obsolètes selon les normes comptables françaises

L’identification des stocks obsolètes ne se limite pas à un simple constat visuel. Elle suppose une analyse croisée des données commerciales (rotation des stocks, historique des ventes, marges) et des informations qualitatives (évolution technologique, mode, réglementation). Parmi les indicateurs les plus utilisés, on trouve le délai moyen d’écoulement, le taux de rotation inférieur aux standards du secteur ou encore l’existence de références non vendues depuis plusieurs mois.

En pratique, de nombreuses entreprises définissent des règles internes : provision automatique au-delà d’un certain nombre de jours sans vente, dépréciation progressive en fonction de l’ancienneté en stock, ou encore analyse détaillée des références dont le prix de marché a chuté. L’important est de pouvoir justifier, lors d’un contrôle ou d’un audit, la méthode retenue et son caractère raisonnable. Une marchandise qui dort en rayon depuis deux ans a-t-elle encore la même valeur qu’au jour de son achat ? Probablement pas.

Dans certains secteurs comme l’agroalimentaire ou le textile, l’obsolescence est particulièrement rapide. Les dates de péremption, les effets de mode ou les changements de collection imposent une vigilance accrue. Il est donc recommandé de mettre en place un suivi régulier des références à risque et de documenter les décisions de dépréciation : relevés d’inventaire, analyses de rotation, études de prix de marché, décisions commerciales (promotions, soldes, déréférencement).

Calcul de la provision pour dépréciation selon la valeur nette de réalisation

La valeur nette de réalisation correspond au prix de vente estimé des marchandises, diminué des coûts encore à engager pour les vendre (remises, frais de commercialisation, frais de remise en état, etc.). Lorsque cette valeur est inférieure au coût d’entrée du stock, la différence doit être provisionnée. Le calcul se fait référence par référence, ou par groupe homogène de produits, afin de refléter au mieux la réalité économique.

Par exemple, si un lot de marchandises a été acheté 10 000 € et que vous estimez ne pouvoir le vendre qu’à 7 000 € après remise et frais de distribution, la dépréciation à constater est de 3 000 €. La provision est alors égale à cette perte probable. La difficulté réside parfois dans l’estimation du prix de sortie futur : il convient d’être prudent, sans toutefois surévaluer la dépréciation, au risque de minorer excessivement le résultat.

Une bonne pratique consiste à formaliser les hypothèses retenues (prix de vente prévisionnels, taux de remise, frais à engager) et à les réviser à chaque clôture. Si, l’année suivante, le marché se redresse ou si les marchandises sont finalement vendues à un prix supérieur, vous devrez ajuster ou reprendre la provision. Cette approche dynamique évite de « figer » dans les comptes des pertes qui ne se matérialisent pas, tout en respectant la prudence exigée par les normes comptables françaises.

Écritures de constitution et reprise de provisions dans les comptes 39

Les provisions pour dépréciation des stocks de marchandises sont comptabilisées au crédit des comptes 39 « Provisions pour dépréciation des stocks et en-cours » et au débit du compte 68173. Pour les marchandises, on utilise généralement le compte 397 « Provision pour dépréciation des stocks de marchandises ». L’écriture de dotation, passée en fin d’exercice, augmente les charges d’exploitation et vient réduire le résultat, traduisant la perte de valeur anticipée.

Imaginons que vous deviez provisionner 4 000 € sur un lot de marchandises devenu difficilement vendable. L’écriture sera : débit 68173 « Dotations pour dépréciation des stocks de marchandises » pour 4 000 €, crédit 397 « Provision pour dépréciation des stocks de marchandises » pour 4 000 €. Au bilan, le stock brut figure toujours dans le compte 37, mais il est corrigé d’une dépréciation au passif, de sorte que la valeur nette reflète la situation réelle.

Lorsque la situation évolue favorablement (vente des marchandises à un meilleur prix que prévu, amélioration du marché) ou lorsque le stock est détruit ou cédé, il convient de reprendre tout ou partie de la provision. L’écriture de reprise consiste à débiter le compte 397 et à créditer le compte 78173 « Reprises sur dépréciation des stocks ». Cette reprise vient augmenter le résultat de l’exercice. L’ensemble de ces écritures doit être suivi avec rigueur, car elles peuvent avoir un impact significatif sur la performance affichée par l’entreprise.

Contrôles internes et audit des procédures de stock

La fiabilité de l’écriture comptable du stock de marchandises repose en grande partie sur la qualité des contrôles internes mis en place autour des flux physiques et comptables. Un bon dispositif de contrôle permet de limiter les écarts de stock, de sécuriser les enregistrements comptables et de prévenir les fraudes. Il couvre l’ensemble de la chaîne : réception des marchandises, stockage, préparation de commandes, expédition, facturation et inventaires.

Parmi les bonnes pratiques, on peut citer la séparation des tâches (la personne qui réceptionne les marchandises n’est pas celle qui les enregistre en comptabilité), la mise en place de procédures écrites, la réalisation régulière d’inventaires tournants, ou encore la comparaison systématique entre le stock physique et le stock théorique. Ces contrôles ne visent pas uniquement à « faire plaisir » à l’auditeur externe : ils constituent un véritable outil de pilotage pour la direction, en apportant une vision fiable de la valeur immobilisée en stock.

Lors d’un audit, les commissaires aux comptes ou les auditeurs internes vont tester l’efficacité de ces procédures. Ils peuvent, par exemple, assister à l’inventaire physique, réaliser des tests de coupe (du magasin à la comptabilité et inversement), vérifier la correcte valorisation des stocks selon la méthode déclarée (FIFO, CMP, etc.) ou analyser les provisions pour dépréciation. En cas de faiblesses majeures, ils pourront formuler des recommandations, voire émettre des réserves sur la fiabilité des comptes.

Au-delà de l’aspect réglementaire, un système de contrôle interne solide sur les stocks de marchandises contribue directement à la performance économique. Des stocks mieux maîtrisés, c’est moins d’immobilisations financières, moins de pertes, et un coût des marchandises vendues plus précis. En d’autres termes, une bonne écriture comptable du stock de marchandises n’est pas qu’une question de conformité : c’est aussi un levier de compétitivité et de décision pour l’entreprise.