# La comptabilisation des frais bancaires expliquée simplement

Les frais bancaires représentent une réalité incontournable pour toute entreprise qui maintient des relations avec un établissement financier. Qu’il s’agisse de commissions sur opérations, d’intérêts débiteurs ou de frais de tenue de compte, ces dépenses doivent être correctement enregistrées dans la comptabilité de l’entreprise. La maîtrise de leur comptabilisation constitue un enjeu majeur pour garantir la fiabilité des états financiers et optimiser la gestion de trésorerie. Dans un contexte où les banques facturent une diversité croissante de services, comprendre les mécanismes d’enregistrement comptable de ces frais devient indispensable pour tout professionnel de la comptabilité, mais aussi pour les entrepreneurs soucieux de suivre leurs dépenses bancaires avec précision.

Les principes fondamentaux de la comptabilisation des frais bancaires selon le PCG

Le Plan Comptable Général (PCG) établit un cadre rigoureux pour l’enregistrement des frais bancaires, en distinguant notamment leur nature économique. Cette classification repose sur un principe essentiel : la séparation entre les charges d’exploitation et les charges financières. Les frais bancaires ne constituent pas une catégorie homogène, et leur traitement comptable varie selon qu’ils rémunèrent un service rendu par la banque ou qu’ils représentent le coût d’un financement.

Le principe de rattachement des charges à l’exercice impose que les frais bancaires soient enregistrés dans la période au cours de laquelle ils sont constatés, indépendamment de leur date de paiement. Cette règle garantit la sincérité des comptes et permet une analyse fidèle de la performance de l’entreprise. Lorsque vous recevez un relevé bancaire mentionnant des frais prélevés, vous devez les comptabiliser immédiatement, même si la facture détaillée arrive quelques jours plus tard.

La notion de charges par nature, fondamentale dans le PCG, s’applique pleinement aux frais bancaires. Chaque type de frais doit être enregistré dans le compte correspondant à sa nature économique, facilitant ainsi l’analyse des coûts et la prise de décision. Cette approche permet également de distinguer les frais récurrents des frais exceptionnels, élément crucial pour l’établissement de prévisions budgétaires réalistes.

La nomenclature des comptes dédiés aux frais bancaires dans le plan comptable

La structure du plan comptable français prévoit plusieurs comptes pour enregistrer les différents types de frais bancaires. Cette organisation reflète la diversité des services proposés par les établissements financiers et permet une analyse détaillée des coûts bancaires supportés par l’entreprise. Comprendre cette nomenclature représente la première étape vers une comptabilisation rigoureuse.

Le compte 627 : services bancaires et assimilés

Le compte 627 « Services bancaires et assimilés » constitue le compte principal pour enregistrer les prestations de services facturées par la banque. Ce compte regroupe l’ensemble des frais liés aux services bancaires courants : frais de tenue de compte, commissions sur opérations, frais de cartes bancaires professionnelles, location de coffres-forts, ou encore commissions sur virements internationaux.

Ce compte peut être subdivisé en sous-comptes pour affiner l’analyse : le 6271 pour les frais sur titres, le 6275 pour les frais sur effets de commerce, ou le 6278 pour les autres frais et commissions. Cette ventilation permet d’identifier précisément les postes de dépenses bancaires les plus importants et d’optimiser la négociation des conditions bancaires. Les entreprises ayant une activité internationale importante auront int

ernationales, tandis que les structures orientées BtoC surveilleront davantage les frais de carte et de gestion de compte. Dans tous les cas, bien utiliser le compte 627 permet de distinguer clairement les frais liés aux services bancaires de ceux liés au financement (intérêts).

Le compte 6616 : intérêts bancaires et découverts

Le compte 6616 « Intérêts bancaires et sur opérations de financement » est dédié à l’enregistrement des intérêts débiteurs facturés par les banques, notamment en cas de découvert autorisé ou non, d’escompte d’effet de commerce ou d’autres opérations de trésorerie. Il s’agit ici de charges financières à proprement parler, qui rémunèrent la mise à disposition de fonds et non un service de gestion.

Concrètement, dès que la banque facture des agios composés d’intérêts, la part « intérêts » doit être comptabilisée en 6616. Cette distinction est importante car elle permet d’identifier le coût du financement à court terme et de le séparer des commissions et frais de gestion. À la différence du compte 627, le compte 6616 n’est pas concerné par la TVA : les intérêts bancaires sont exonérés de taxe sur la valeur ajoutée.

Sur le plan analytique, suivre régulièrement le solde du 6616 vous aide à mesurer le coût de vos découverts et à apprécier la qualité de votre gestion de trésorerie. À partir d’un certain niveau, ces charges financières peuvent justifier la renégociation de votre autorisation de découvert, la mise en place d’une ligne de crédit plus adaptée ou encore une optimisation des encaissements clients.

Le compte 661 : charges d’intérêts sur emprunts et dettes

Plus globalement, le compte 661 « Charges d’intérêts » regroupe l’ensemble des intérêts liés aux dettes financières de l’entreprise. Il se subdivise notamment en 6611 « Intérêts des emprunts et dettes » et 6616 « Intérêts bancaires ». Le 6611 concerne principalement les crédits moyen et long terme : emprunt immobilier, prêt d’investissement, crédit-bail financier, etc.

L’utilisation du 6611 permet d’isoler le coût des financements structurés, souvent liés à des immobilisations (machines, locaux, véhicules…). Cette information est précieuse pour analyser la rentabilité d’un investissement, établir un plan de trésorerie ou préparer un dossier de financement auprès d’une banque. Comme pour le 6616, ces intérêts ne sont pas soumis à TVA.

On veillera à bien distinguer les échéances d’emprunt entre remboursement du capital (qui diminue le compte 164 « Emprunts auprès des établissements de crédit ») et charges d’intérêts (en 6611). Cette séparation est essentielle pour présenter un bilan fidèle et un compte de résultat qui reflète correctement la structure de financement de l’entreprise.

La distinction entre charges financières et charges d’exploitation bancaires

Pourquoi est-il si important de différencier les frais bancaires d’exploitation (compte 627) des charges financières (compte 661) alors qu’ils figurent parfois sur la même ligne de déclaration fiscale ? La réponse tient à la lecture économique des comptes. Les charges d’exploitation bancaires rémunèrent des services nécessaires au fonctionnement courant (tenue de compte, moyens de paiement, commissions diverses). Les charges financières, elles, traduisent le coût du recours au crédit et donc le niveau d’endettement ou de tensions de trésorerie.

En pratique, cette distinction permet d’analyser finement la performance : une hausse des frais de services bancaires peut refléter une augmentation du volume d’opérations, tandis qu’une explosion des intérêts débiteurs alerte sur une trésorerie structurellement déficitaire. C’est un peu comme distinguer, dans vos dépenses de voiture, l’entretien régulier (carburant, révisions) du coût du crédit : les deux sont liés à votre véhicule, mais leur signification économique est différente.

Sur le plan fiscal, il est vrai que certains régimes (comme la déclaration 2035 pour les BNC) regroupent ces charges sur une même ligne. Pour autant, la séparation en comptabilité générale reste utile, ne serait-ce que pour dialoguer avec votre banquier, votre expert-comptable ou votre centre de gestion agréé et mettre en place des actions correctives ciblées.

Les écritures comptables pour chaque type de frais bancaire

Passons maintenant au concret : comment enregistrer les différents types de frais bancaires dans vos journaux comptables ? Les schémas d’écriture varient selon la nature du frais (service, intérêt, commission) et l’éventuelle présence de TVA. Nous allons parcourir les cas les plus fréquents : commissions de mouvement, frais de tenue de compte, agios, frais de virement, prélèvements SEPA, cartes bancaires et frais liés aux emprunts.

Comptabilisation des commissions de mouvement et frais de tenue de compte

Les commissions de mouvement et les frais de tenue de compte sont des services bancaires classiques. Ils se comptabilisent généralement au débit du compte 627. Lorsqu’ils sont soumis à la TVA (cas fréquent pour les frais de tenue de compte ou certains abonnements), il convient de distinguer le montant hors taxe et la TVA déductible, au moyen du compte 44566 « TVA déductible sur autres biens et services ».

Par exemple, une banque prélève 24 € TTC de frais de tenue de compte, dont 4 € de TVA à 20 %. L’écriture dans le journal de banque sera la suivante :

Compte Intitulé Débit Crédit
627 Services bancaires et assimilés 20
44566 TVA déductible sur autres biens et services 4
512 Banque 24

Si les frais sont exonérés de TVA (ce qui est parfois le cas selon la nature de la commission et la politique de la banque), on passera simplement le montant total en 627 par le crédit du compte 512. Vous voyez ici l’intérêt de vérifier systématiquement vos relevés : le taux de TVA applicable y figure en principe clairement.

Enregistrement des agios et intérêts débiteurs

Les agios regroupent généralement deux composantes : les intérêts débiteurs (en 6616) et les commissions et frais (en 627), ces derniers pouvant être soumis à TVA. L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à tout enregistrer en 627 ou, au contraire, tout en 6616. Or, une ventilation correcte améliore considérablement la lecture de vos comptes bancaires.

Imaginons que votre relevé indique des agios pour un montant total de 50 €, ventilés comme suit : 35 € d’intérêts et 15 € de commissions, dont 3 € de TVA. L’écriture sera la suivante :

Compte Intitulé Débit Crédit
6616 Intérêts bancaires 35
627 Services bancaires et assimilés 12
44566 TVA déductible sur autres biens et services 3
512 Banque 50

D’un point de vue de gestion, cette écriture permet de distinguer le coût de votre découvert (les 35 € d’intérêts débiteurs) du coût des services associés (les commissions), éventuellement renégociables avec votre conseiller. C’est un peu comme séparer, sur une facture de téléphone, l’abonnement de base de la consommation hors forfait : l’action à mener ne sera pas la même selon l’élément qui explose.

Traitement comptable des frais de virement et prélèvement SEPA

Les frais de virement (nationaux ou internationaux) et les commissions sur prélèvement SEPA constituent également des services bancaires. Ils se comptabilisent donc en 627, avec TVA lorsqu’elle est facturée. Selon les banques, les virements SEPA classiques peuvent être gratuits, tandis que les virements instantanés, internationaux ou en devises font l’objet de commissions spécifiques.

À la réception du relevé bancaire, si vous constatez, par exemple, 8 € HT de frais sur un virement international, avec 1,60 € de TVA, l’écriture sera : débit du 627 pour 8 €, débit du 44566 pour 1,60 €, crédit du 512 pour 9,60 €. Il n’est pas nécessaire de passer par un compte fournisseur : la banque n’est pas un fournisseur au sens classique, et l’enregistrement direct dans le journal de banque est admis en pratique.

Si vous effectuez régulièrement des opérations internationales ou des virements volumineux, il peut être judicieux de créer un sous-compte dédié, par exemple 6278 « Autres frais bancaires », afin de suivre spécifiquement ces coûts. Cela facilitera vos comparaisons d’une année sur l’autre et vos discussions éventuelles avec la banque pour optimiser vos conditions.

Gestion des frais de carte bancaire professionnelle et TPE

Les cartes bancaires professionnelles et les terminaux de paiement électronique (TPE) génèrent une multitude de frais : cotisation annuelle de la carte, abonnement monétique, frais de location du TPE, commissions sur encaissements par carte, parfois avec TVA, parfois sans. La règle générale est la suivante : tout ce qui rémunère un service de paiement ou la mise à disposition du matériel se comptabilise en 627.

Les commissions sur encaissements cartes sont souvent exonérées de TVA en application de la réglementation bancaire. En revanche, la location du TPE ou un abonnement à un module de paiement en ligne sont couramment soumis à TVA. Dans ce cas, on enregistre le montant hors taxe en 627 et la TVA en 44566. Les prélèvements correspondants apparaîtront sur votre relevé bancaire, et vous les saisirez dans le journal de banque.

Pour un suivi plus fin, surtout si les encaissements par carte représentent une part importante de votre chiffre d’affaires, il peut être utile de distinguer par sous-comptes : par exemple 627 « Frais de carte et TPE » et 6278 « Autres services bancaires ». Vous pourrez ainsi mesurer précisément le coût de ce moyen de paiement et, le cas échéant, comparer les offres d’autres prestataires.

Comptabilisation des frais de crédit et d’emprunt bancaire

Les emprunts bancaires génèrent deux types de flux : le décaissement initial (mise à disposition des fonds) et les échéances successives, composées d’une part de capital et d’une part d’intérêts. La part capital se comptabilise au crédit du compte 164 « Emprunts auprès des établissements de crédit » (diminution de la dette) par le débit du 512. La part intérêts se comptabilise en 6611 « Intérêts des emprunts et dettes ».

Lorsque la banque facture des frais de dossier liés à l’octroi du crédit, ceux-ci sont généralement enregistrés en 627 (services bancaires) ou, pour certains montages complexes, intégrés au coût d’acquisition de l’immobilisation. Ils peuvent être soumis ou non à TVA selon leur nature. Les intérêts, eux, demeurent exonérés de TVA et relèvent strictement du 6611.

En fin d’exercice, il peut être nécessaire de comptabiliser des intérêts courus non échus, c’est-à-dire des intérêts qui se rapportent à l’exercice clos mais qui ne seront prélevés qu’au début de l’exercice suivant. On débite alors le compte 6611 et on crédite le compte 16884 « Intérêts courus sur emprunts auprès des établissements de crédit », afin de respecter le principe de rattachement des charges à l’exercice.

Le traitement de la TVA sur les opérations bancaires

La TVA sur les opérations bancaires obéit à des règles spécifiques, parfois déroutantes. Certaines prestations sont soumises au taux normal de 20 %, d’autres sont exonérées en vertu de l’article 261 C du Code général des impôts. Pour comptabiliser correctement vos frais bancaires, vous devez d’abord identifier si la prestation est taxable ou non, puis ventiler le montant TTC entre charge hors taxe et TVA déductible lorsque c’est possible.

Les services bancaires exonérés de TVA selon l’article 261 C du CGI

L’article 261 C du CGI prévoit l’exonération de TVA pour un grand nombre d’opérations bancaires et financières, notamment les opérations de crédit, les intérêts sur dépôts et comptes courants, ainsi que certaines commissions directement liées à ces opérations. Concrètement, cela signifie que la majorité des charges financières (intérêts d’emprunts, intérêts de découverts, agios au sens strict) ne supportent pas de TVA.

Les commissions perçues à l’occasion d’opérations de paiement (encaissement de cartes bancaires, virements, prélèvements) peuvent également être exonérées lorsque la banque agit dans le cadre d’un service de paiement au sens strict. C’est pourquoi vos relevés mentionnent souvent un taux de TVA à 0 % pour ces commissions, alors même qu’il s’agit de services bancaires facturés.

Cette exonération implique deux conséquences pratiques : d’une part, vous ne comptabilisez aucune TVA déductible sur ces montants ; d’autre part, ils restent entièrement supportés par l’entreprise. Il est donc d’autant plus important de les identifier précisément pour en maîtriser le coût global et, si besoin, adapter vos moyens de paiement ou négocier vos conditions bancaires.

La TVA récupérable sur certaines prestations bancaires spécifiques

À l’inverse, certaines prestations bancaires sont clairement soumises à la TVA, au taux normal de 20 %. C’est le cas, par exemple, de la location de coffre-fort, de la location de TPE, de certains services de conseil ou d’abonnements en ligne (téléchargement de relevés, outils de gestion de trésorerie, etc.). Dans ces situations, la banque agit comme tout autre prestataire de services assujetti à la TVA.

Lorsque la TVA est facturée, vous pouvez la récupérer, sous réserve d’être vous-même assujetti à la TVA et de ne pas exercer une activité exonérée. Vous imputerez alors le montant hors taxe en 627 et la TVA en 44566. D’où l’importance de conserver les justificatifs (relevés détaillés, factures de services bancaires) et de vérifier que le taux et le montant de TVA sont bien indiqués.

Pour les professions partiellement exonérées de TVA (par exemple certains professionnels de santé ou libéraux au régime BNC), la récupération de la TVA sur frais bancaires peut être limitée ou impossible. Dans ce cas, même si la banque facture de la TVA, celle-ci demeure une charge définitive pour l’entreprise, à comptabiliser en 627 pour le montant TTC, sans ventilation.

La déclaration de TVA et les opérations bancaires dans la CA3

Sur la déclaration de TVA CA3, les frais bancaires soumis à TVA viennent alimenter les lignes de TVA déductible sur autres biens et services. En pratique, les montants de TVA inscrits au débit du compte 44566 au fil de l’exercice sont totalisés pour être reportés sur la déclaration périodique (mensuelle, trimestrielle ou annuelle selon votre régime).

Les opérations bancaires exonérées (intérêts, commissions non taxables) n’apparaissent pas en tant que telles dans la CA3, puisqu’elles ne génèrent ni TVA collectée ni TVA déductible. Elles restent toutefois des charges comptables à part entière. Lors de vos travaux de clôture, il est conseillé de rapprocher le solde de votre 44566 avec la TVA déductible déclarée, afin de vérifier qu’aucune facture de services bancaires taxables n’a été oubliée.

Vous vous demandez comment gagner du temps sur cette étape ? La mise en place d’un plan de comptes cohérent (627 pour les services bancaires avec sous-comptes dédiés, 661 pour les intérêts) et d’une procédure de classement systématique des relevés et factures facilite grandement l’extraction des montants de TVA à déclarer, que vous traitiez votre comptabilité vous-même ou via un expert-comptable.

La réconciliation bancaire et l’ajustement des frais bancaires

La réconciliation bancaire (ou rapprochement bancaire) consiste à comparer, ligne par ligne, le solde de votre compte 512 « Banque » avec celui figurant sur vos relevés bancaires. Cette étape permet de s’assurer que toutes les opérations (encaissements, paiements, frais bancaires) ont bien été enregistrées et qu’aucune écriture erronée ne fausse votre trésorerie comptable.

Dans ce processus, les frais bancaires jouent un rôle clé : ils figurent souvent parmi les écarts identifiés entre la comptabilité et le relevé, notamment lorsqu’ils ont été prélevés sans facture distincte ou enregistrés avec un décalage de date. Dès qu’un frais non comptabilisé est repéré, vous devez passer l’écriture correspondante (en 627 ou 661, avec ou sans TVA) pour ajuster vos comptes.

Parfois, la banque peut annuler ou rembourser certains frais (geste commercial, contestation acceptée, erreur rectifiée). Dans ce cas, il conviendra d’enregistrer un mouvement inverse : crédit du 627 (ou 661) par le débit du 512, de façon à neutraliser la charge initiale. Cette vigilance régulière sur vos frais bancaires, dans le cadre du rapprochement, vous permet non seulement d’avoir une trésorerie fiable, mais aussi de détecter des anomalies à temps.

Les erreurs fréquentes dans la comptabilisation des frais bancaires et leur correction

Malgré la relative simplicité des schémas d’écriture, certaines erreurs reviennent fréquemment dans la comptabilisation des frais bancaires. La première consiste à tout enregistrer dans un seul compte (souvent le 627), sans distinguer les intérêts (661) des commissions, ni tenir compte de la TVA. Cela nuit à la qualité de l’information financière et complique l’analyse des coûts bancaires.

Une autre erreur courante est l’oubli de certains frais prélevés en fin de mois ou d’exercice, notamment lorsque les relevés ne sont pas rapprochés régulièrement. À l’inverse, il arrive que des frais soient comptabilisés en double : une fois à partir du relevé, une autre à partir d’une facture ou d’un avis séparé. Dans ces situations, il faut identifier l’écriture en trop et la contrepasser (écriture inverse) pour corriger le solde des comptes concernés.

On observe également des confusions entre banque et fournisseur : certaines entreprises enregistrent les frais bancaires dans le journal des achats en passant par un compte 401 « Fournisseurs », ce qui complexifie inutilement la comptabilité et fausse parfois le suivi des dettes fournisseurs. En pratique, l’enregistrement direct dans le journal de banque, par le crédit du 512, est largement admis et plus lisible.

Enfin, certains professionnels se demandent pourquoi distinguer 627 et 661 si, par exemple sur une déclaration 2035 (BNC), tous les frais financiers sont regroupés sur la même ligne. La réponse est simple : la comptabilité sert d’abord à piloter. En séparant services bancaires et charges d’intérêts, vous disposez d’un tableau de bord plus précis pour négocier vos conditions, optimiser votre trésorerie et anticiper vos besoins de financement, bien au-delà de la seule obligation déclarative.